La Gazette du Café des parents -juin-18

 

mon enfant et les légumes

 

Deux mamans sont venues pour échanger autour du thème «  Mon enfant et les légumes ». L’une d’elle est maman d’enfants âgés de 8 mois et 5 ans, nous l’appellerons Madame A-dèle, et la seconde a des enfants âgés entre 5 et 13 ans, nous la nommerons Madame B-érénice.

 

Mon enfant refuse de manger ce que je lui propose

Faire à manger à ses enfants fait partie de la vie de chaque parent, c’est un quotidien incontournable. Quand l’enfant refuse ce que l’on propose, comme les légumes, que faire ? « Faut-il faire à manger ce qu’il aime ou ce qu’il n’aime pas quand même ? » se demande Madame Adèle ? Ou  « peut être ajouter quelque chose qu’il aime ? ». Il est toujours compliqué de voir son enfant ne rien manger, et le laisser le ventre vide. Madame Bérénice explique que sa dernière fille ne veut rien manger de ce que sa maman lui propose depuis deux mois, elle ne veut manger que « des cochonneries» qu’elle va dérober dès qu’elle peut. Aussi cette maman  se refuse-t-elle de céder aux désirs  sucrés de sa fille ou de « lui faire des coquillettes à chaque repas » pour assurer la paix familiale. Madame Adèle la rejoint en disant qu’on ne peut faire que ce qu’ils veulent manger. Madame Bérénice explique être toujours inquiète pour la santé de sa fille, qui a connu des problèmes de croissance, et dit qu’elle est vigilante quant aux courbes médicales d’indices de masse corporelle.

 

Devant le refus de l’enfant que faire ?

Mais que faire ? Enlever toutes les sucreries et attendre que la faim revienne ?  Si ces mamans proposent à leurs enfants des légumes qu’ils n’aiment pas : « ils crachent » et même des légumes qu’ils mangeaient avant. Pourquoi un tel changement ? Face à cela le mari de Madame Bérénice, pense qu’il faut laisser son enfant « tant pis sans manger ». Et il insiste sur le fait qu’il ne faut ni crier ni se fâcher. Pour cette Maman il est beaucoup plus difficile de le laisser aller dormir le soir le ventre creux : « Le soir il faut qu’il mange ».  

Dans les couples, les parents ne sont pas toujours d’accord sur l’attitude à adopter face au refus alimentaire de leur enfant. Madame Adèle explique que si son fils ne mange rien du tout au repas, il attend le gouter. La question de la privation de dessert est abordée : privation de dessert s’il s’agit d’un gâteau ou d’une crème…pour ces mamans les laitages simples et fruits restent proposés à l’enfant.

 

Les mamans cachent les légumes et leur colère

Ces mamans ont essayé « les dessins dans l’assiette », « les soupes, les gratins qui cachent les légumes », les couleurs neutres « le vert ça passe pas, ni en soupe, ni en purée » ; les menaces…ou « la carotte » ! Rien n’y fait. Ce que leurs enfants aimaient ils n’en veulent plus et pire : ce qu’ils peuvent refuser à la maison, ils l’acceptent ailleurs, comme les à la cantine, ou à l’extérieur, au restaurant. Et  les repas sans leurs parents se passent souvent mieux, « Chez la grand-mère elle mange de tout ».

 

Le changement des goûts alimentaires : une période difficile pour les parents

Madame Adèle explique qu’il est finalement encore plus difficile de se voir refuser un plat qu’on aurait mis du temps à élaborer comme ses fameuses « lasagnes mélangées »… et surtout qu’elle pensait que son fils avait dépasser l’âge du refus : elle avait lu que c’était vers les deux ans de l’enfant que les goûts changent, et que l’opposition alimentaire arrive. Son fils a commencé à moins bien manger à ses cinq ans  « Je ne l’ai pas vu venir… on ne peut pas prévoir ». Ça vient faire presque « rupture » dans un quotidien. Et Madame Bérénice associe en parlant des purées que sa fille mange avec son père et pas avec elle, et entrevoit alors le refus comme marque d’une rupture « affective » qui l’a renvoie à l’idée « d’être une mauvaise maman ».

Les mamans s’accordent à dire que le fait de se voir refuser par leur enfant le repas préparé pour eux,  vient les blesser et les insécuriser. C’est comme si les enfants les tenaient à distance, ou refusaient l’échange car le repas est un moment privilégié aux échanges.

 

Les enfants aiment ils quand même un peu les légumes ?

Finalement, quand le légume est présenté sous une forme particulière, l’enfant en mangera : en soupe et en purée, sans morceaux, les légumes sont davantage appréciés. Chaque maman a pu lister les légumes mangés et il s’est avéré que les enfants en mangent quand même un peu. En fin de rencontre, les mamans se sont interrogées sur leur manière de manger des légumes : Madame Adèle végétarienne, a découvert les saveurs et a aimés les légumes en grandissant ;  Mme Bérénice quant à elle, n’aime pas trop les légumes…et ne pourrait pas imaginer se forcer à en manger !