La Gazette du Café des parents -janv-18

l'allaitement

 

Quatre mamans se retrouvent autour de Béatrice Kientz, puéricultrice PMI, pour échanger autour de leur allaitement. Leurs enfants allaités ont entre 2 mois et 7 mois. Une des mamans a aussi un plus grand de 2 ans et demi qu’elle a allaité. Une autre maman attend son premier enfant

Les conseils de la professionnelle seront notés en italique car nous avons, au cours de cette rencontre, alterné échanges et conseils.

Entre instinct et apprentissage

Une maman nous dit sa surprise d’avoir découvert, avec son premier allaitement, que ce n’était pas si instinctif que ça, contrairement à ce qu’elle avait imaginé. Il faut apprendre à allaiter, comprendre que l’enfant va avoir

 

 

des poussées de croissance qui modifieront son rythme alimentaire…

Une maman a trouvé difficile le choix à faire, et la pression mis par l’entourage sur ce choix avant même la naissance de son bébé, il fallait qu’elle sache si elle allait allaiter alors qu’elle pensait plutôt attendre pour voir et expérimenter. Une fois l’allaitement en route, elle était envahie de questions : « est ce que je fais bien, est ce que j’ai assez de lait, mon lait est-il de bonne qualité ? »

Introduire ou non le biberon en parallèle à l’allaitement

Une des mamans a introduit le biberon très tôt pour permettre au papa un temps privilégié avec son bébé autour de l’alimentation. Ainsi, le bébé s’est habitué très tôt et régulièrement à cette prise de biberon de lait maternel sans que cela ne lui pose problème.

La seule difficulté est la prise rapide du contenu du biberon car la tétée se fait sans effort et la prise de lait est rapide pour le bébé habitué à une prise au sein qui se fait plus lentement. Le conseil de Beatrice Kientz est de limiter la quantité du biberon quand celui-ci est occasionnel pour éviter les régurgitations (30 ml pour une première fois).

Elle nous explique que la confusion sein biberon pour le nourrisson peut se faire durant la période d’ajustement : pour téter au sein, le bébé mobilise l’ensemble des muscles de sa bouche alors que pour le biberon, seule sa langue est en activité. Si on lui fait prendre les deux, on prend le risque qu’il ne choisisse le biberon au détriment du sein  par facilité en particulier pour les nouveaux nés très demandeurs ou fatigués (suite à un ictère, naissance difficile, etc.).

Dans le deuxième cas, le bébé est en économie d’énergie téter est un effort important, il peut s’endormir alors que la tétée est à peine commencée. L’utilisation  du biberon peut être un relais afin  de donner des compléments de lait maternel qui assureront l’apport énergétique nécessaire et une prise de poids satisfaisante. Lorsque le nouveau-né a repris des forces, la poursuite de l’allaitement peut se refaire exclusivement au sein. 

Parfois, l’utilisation de compléments pendant un temps donné, va permettre la poursuite d’un l’allaitement qui paraissait compromis.

Quand bébé pleure

Les pleurs sont un des rares moyens d’expression du nourrisson. Ainsi, quand il pleure, on a tendance à le nourrir alors qu’il manifeste parfois un autre besoin comme celui essentiel d’être rassuré (câlin ou  portage). Les pleurs du nourrisson sont souvent plus  importants le soir et  jusqu’en début de nuit.  Ainsi, le bébé qui est bien rythmé entre tétées  et sommeil dans la journée ne semble plus pouvoir s’endormir le soir. Cette période correspond souvent au moment où  la mère sentait le plus bouger son bébé durant la grossesse. Ce rythme, qu’il a intégré, va se poursuivre plusieurs semaines après la naissance.

Cette période de pleurs est souvent très déstabilisante pour les parents qui cherchent une signification concrète des pleurs. Le plus souvent le nouveau-né s’apaise dans les bras de la personne qui prend soin de lui. Le bébé porté se rassure, comprend qu’il n’est pas seul.

La plupart des mamans présentes portent ou ont porté leur bébé en écharpe et ont constaté combien leur bébé se calme jusqu’à l’endormissement sur ces temps de journée particulièrement difficiles. L’écharpe permet à la maman de s’occuper d’autres tâches ou de ses autres enfants. La réponse aux pleurs favorise les liens d’attachement entre maman et bébé. Il est temps de ne plus écouter les remarques : « plus tu le portes, plus il sera capricieux » qu’entendent parfois les mamans présentes de la part de leur entourage.

Quand le bébé est tout petit, la mise au sein se fait aux premiers signes de l’éveil, ainsi le bébé est encore tout calme et prend le sein plus aisément. Au cours de sa croissance du bébé,  le sein est d’abord donné « à la demande », puis « à l’amiable ». Enfin,  quand la diversification est concrète  (on se met d’accord : une maman peut prévenir son enfant que dans telle circonstance, elle ne lui donne pas le sein).

La place du papa

Pour les mamans présentes, le papa s’est vu réserver soit le bain, soit  le biberon quotidien ainsi que les divers soins, un des papas se réservait les ballades. La place du papa a été pensée pour ces couples représentés. A la naissance du second, un des couples avait pensé  partager l’attention aux enfants : le papa s’occupant du grand et la maman du plus petit. Mais ce partage créait des frustrations chez le papa qui avait peu de relations avec le nouveau-né et chez le plus grand qui ne comprenait pas pourquoi la maman ne s’occupait pas de lui. Ils ont dû réinventer un équilibre qui tienne d’avantage compte des besoins de chacun. Un des papas est plus à l’aise depuis que son bébé interagit davantage et parait moins fragile (il a 7 mois).

Pour favoriser la lactation

La prise des deux seins a été conseillée à une des mamans pour favoriser la prise de poids de son nourrisson. Plus le bébé tète et plus la production de lait sera importante (multiplier les tétés augmente la production de lait de façon naturelle et physiologique)

Pour faciliter l’endormissement après le sein la nuit

La nuit, il faut montrer au bébé que ce n’est pas le temps de veiller. Prendre soin de lui juste avec une veilleuse, éviter de le changer après chaque tétée peut favoriser son endormissement. Peu à peu, il va comprendre qu’il se passe des choses différentes la journée et la nuit

Le cododo

Il favorise le sommeil de chacun quand le bébé est tout petit. Deux des mamans présentes l’ont expérimenté ou l’expérimentent. Se pose la question de la transition : un des bébés a pu s’habituer à dormir ensuite dans un berceau près des parents puis dans sa chambre. Le cododo pose la question de la vie intime du couple, et par là-même de son devenir : les besoins de chacun doivent être entendus et satisfaits.

 

Les difficultés rencontrées lors de l’allaitement 

Les crevasses apparaissent quand la position du bébé n’est pas adaptée : il doit être face au sein, sa bouche englobant plus aisément l’ensemble du mamelon.

Les complications (engorgement pouvant engendrer une mastite)  apparaissent quand le sein est comprimé ou quand le bébé boit insuffisamment : les massages, douches et l’expression manuelle peuvent être nécessaires et surtout mettre le bébé au sein pour qu’il désengorge les zones inflammées. Multiplier les tétées du côté douloureux (extraire le lait par tous les moyens) est une nécessité pour poursuivre l’allaitement.

Question de la reprise du travail

Une des mamans a vécu sa première maternité au Québec, les congés maternité y durent un an, les parents sont accompagnés par une marraine d’allaitement, les couches lavables sont ramassées et lavées par des entreprises ; aujourd’hui, elle s’interroge sur sa future reprise du travail en France.

Pour certaines, il a fallu apprendre à tirer leur lait avec un tire lait. Pour une maman, c’est quelque chose qu’elle parvient à faire le midi au travail grâce à un tire lait  loué.* (« grandir nature » est une entreprise qui loue des tireuses adaptées aux besoins e mamans. Cette entreprise est dirigée par des professionnelles consultante en lactation. Le matériel est loué sur prescription médicale et pris en charge par la CPAM).

On peut reprendre le travail en gardant la tétée du matin et celle du soir. Des mamans préfèrent sevrer l’enfant avant. Dans ce cas, on introduit d’abord un biberon par jour (le second de la journée) puis deux…

Le sevrage

Des petits se désintéressent un jour du sein (c’est le cas d’un enfant qui a marqué ce désintérêt à 18mois), pour d’autres, c’est la maman qui décide de la limite.